GONESSE: Vœux du groupe communiste et républicain 19 janvier 2013

 

Vœux du groupe communiste et républicain

19 janvier 2013

 

Au lendemain du congrès des maires de France, la gazette des communes titrait son éditorial : « des maires résignés mais rassurés !». Pour notre part, élus de Gonesse, nous sommes « inquiets mais combattifs ». Inquiets car la situation sociale se dégrade à grande vitesse et appelle des mesures d’urgence. Dans notre ville, il y a toujours 2000 chômeurs, 1000 demandeurs de logements, des centaines de gonessiens assujettis au RSA… Combattifs, car les communes peuvent être un formidable atout anticrise, si elles ont les moyens de jouer pleinement leur rôle, notamment en relevant le défi de l’égalité d’accès aux droits pour chaque citoyen, quel que soit son lieu d’habitation.

 

Nous avons l’intime conviction que la France et l’Europe sont malades du capitalisme financier, l’intime conviction qu’on ne pourra pas sortir du marasme sans une vigoureuse politique de relance visant à soutenir l’emploi, les salaires et l’investissement.

 

L’Etat doit redonner aux communes les moyens financiers nécessaires à la mise en œuvre des politiques sociales attendues par les citoyens. Pour cela il faut rétablir un impôt économique lié au territoire ; taxer les actifs financiers des entreprises à 0,03 % ce qui rapporterait 40 milliards d’euros permettant d’alimenter efficacement un fonds de péréquation vertical, utile aux besoins de nos concitoyens, sans opposer les collectivités entre elles ; abroger la réforme territoriale et agir en faveur d’une réforme ambitieuse donnant plus de souffle à la démocratie locale ; conforter et développer les services publics locaux.

 

Mais cet état d’esprit ambitieux pour les collectivités locales et leurs habitants s’accompagne d’incertitudes et d’appréhensions car les propositions gouvernementales ne sont pas à la hauteur des attentes et des espérances. En effet le gel des dotations  pour 2013 et la réduction programmée de 2,4 milliards d’euros pour 2014 et 2015 inquiètent beaucoup d’élus.

Comment ne pas être inquiet à propos des projets d’intercommunalité qui posent beaucoup d’interrogations quant à l’avenir. Comme vous le savez, la commune de Gonesse va intégrer la communauté d’agglomération Val de France le 1er janvier 2014 par décision du Préfet en application de la loi Sarkozy votée en décembre 2010. Les conditions de la mise en œuvre et pour l’avenir nous posent beaucoup de questions. Notre groupe se prononcera le moment venu.

 

L’acte III de la décentralisation devrait avant tout être un nouvel essor de la démocratie locale. Mais cette décentralisation ne peut se concevoir sans un Etat garant de l’égalité des citoyens, de la non-mise en concurrence des territoires, de la continuité des grands services publics.

 

La décentralisation doit d’abord être une démocratisation pour valoriser les atouts et les bilans des collectivités, s’appuyer sur les échelons existants plutôt que les réduire ou les supprimer. Une communauté d’agglomération doit être profitable à tous, pas seulement à des pôles économiques ou financiers qui mécaniquement feraient évaporer les collectivités existantes.

 

En terme d’autonomie financière, de libre administration territoriale et de rapports avec les citoyens, il est, je crois, nécessaire de concevoir des structures intercommunales avec des  compétences clairement identifiées avec les ressources nécessaires correspondantes.

 

Cela ne sera possible que si nous luttons pour une grande réforme des collectivités locales pour se rapprocher des citoyens avec un Etat qui assure la solidarité nationale, l’égalité entre les territoires, l’accès aux services publics. Cela doit passer par la défense de toutes les collectivités locales. C’est pourquoi il est dangereux qu’il soit donné à  la région un rôle de tutelle sur les autres collectivités, or c’est bien le risque avec l’acte III de la décentralisation.

 

 

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